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Google street view défraie la chronique

Les photographies prises par Google pour le service de cartographie en ligne Street view il y a 3 ans avaient déjà suscité la polémique aux Etats-Unis lorsque certains s’étaient plaint qu’on pouvait y reconnaître visages et plaques d’immatriculation. Pour répondre à cela, Google s’était adapté en floutant les deux.

Mais cette fois-ci, ce n’est plus seulement la voix des particuliers mais celle des gouvernements qui s’est fait entendre : sillonnant les rues, les voitures Google et leur dispositif Wi-Fi ont fait plus que récolter des photos en prenant des données sur des réseaux non protégés et enregistrant « par erreur » des communications. Les voitures ont été mises à l’arrêt afin de détruire toutes ces données, retransmises aux différentes autorités.

Si le géant d’internet s’est excusé à plusieurs reprises pour cette intrusion involontaire (courriels, vidéos notamment), des autorités d’une dizaine de pays ont cependant ouvert des enquêtes.

Les réactifs, la Corée du Sud, l’Allemagne et l’Espagne

  • Corée du Sud : l’Agence Nationale de la Police en Corée a annoncé avoir enquêté sur Google Korea pour « collecte et sauvegarde non autorisées de données portant sur des internautes ». Les locaux de Google en Corée du Sud ont été perquisitionnés par la police qui a saisi des disques durs.
  • Allemagne : les Allemands, très sensibles quand il y ingérence dans la vie privée, ont imposé  leur règle. Le gouvernement a ainsi obligé Google Street View de laisser aux habitants  jusqu’au 15 octobre pour flouter leur immeuble via un formulaire détaillé en ligne (selon le Süddeutsche Zeitung, cela concernerait environ 200 000 bâtiments, soit 2 fois plus que les prévisions de Google). Ce, même devant la réticence de Google, dont le vice-président pour l’Europe du Nord, Philipp Schindler, a déclaré « Il n’y a rien de plus public que l’extérieur des bâtiments ».
  • Espagne : un représentant de Google en Espagne a été convoqué par une juge après la plainte déposée par l’Association pour la Prévention et l’Etude de Délits, d’Abus et de Négligences dans l’Informatique et les Communications Avancées (Apedanica)  pour saisie de données et atteinte à la vie privée des personnes.

Les litiges

  • France : Street View a repris les routes, malgré la désapprobation de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) qui juge la reprise « prématurée » des voitures Google après le stockage illégal des données. La CNIL doit faire part de ses résultat en septembre.
  • Italie : ce sont les étranges rues oubliées par les voitures qui ont défrayé la chronique. En effet, les voitures Google se seraient abstenues de rendre visite à certains secteurs jugés dangereux du fait de la présence mafieuse. Ce petit scandale témoigne de zones hors-droits qui outrepassent encore le poids du géant.

Les habitués

  • Globalement, les pays anglophones sont plus souples face à ces questions. Si les Etats-Unis se sont plaints 3 ans auparavant, le problème des réseaux sécurisés n’a pas fait autant parler de lui qu’en Allemagne ou en Corée du Sud. Cependant, les justifications de Google y sont moins bien passées qu’au Royaume-Uni ou en Irlande, où l’on s’est montré plus clément après le scandale.

Certains estiment que de telles structures comme Google Street View peuvent créer « des situations à risque pour les militants des droits de l’homme, les dissidents ou les blogueurs qui luttent pour leurs droits », souligne Katitza Rodriguez, de l’Electronic Frontier Foundation. Le problème de Google Street est celui des limites entre sphères : suis-je sur la toile dans la sphère publique ou privée ? La démarcation usuelle dans la vie réelle entre public et privé ne suffit plus dans ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui la « vie virtuelle ». Si les gouvernements tentent d’agencer quelque chose, ils se heurtent de toute évidence au caractère extra-frontalier du web qui fait sa spécificité.

Sites à consulter :

Dans quel pays se trouve déjà Street view.

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